Sirenas
Con risas sordas, gruñidos y sollozos, las hijas del mar
pelean y se abrazan entre negros peñascos,
peinan sus cabelleras relucientes en la sombra
y arrastran, taciturnas, su ondulante piel por la playa
A su lado se bañan anguilas viajeras,
ágiles cachalotes y un oso-niño color de nieve;
el fuego de sus ojos se aviva y se extingue,
trémulo faro sobre las olas, provocando el naufragio.
Sus cuerpos de ámbar y de leche toman la forma de las olas;
en la amarga niebla que el mar exhala, el incierto deseo,
el pesar, el terror y la esperanza condensan la noche.
Y los náufragos, mecidos blandamente sobre la garganta
donde todo zozobra, paladean en la oscura inmensidad
el cálido amor que esconde la muerte en la entraña del agua.
Con risas sordas, gruñidos y sollozos, las hijas del mar
pelean y se abrazan entre negros peñascos,
peinan sus cabelleras relucientes en la sombra
y arrastran, taciturnas, su ondulante piel por la playa
A su lado se bañan anguilas viajeras,
ágiles cachalotes y un oso-niño color de nieve;
el fuego de sus ojos se aviva y se extingue,
trémulo faro sobre las olas, provocando el naufragio.
Sus cuerpos de ámbar y de leche toman la forma de las olas;
en la amarga niebla que el mar exhala, el incierto deseo,
el pesar, el terror y la esperanza condensan la noche.
Y los náufragos, mecidos blandamente sobre la garganta
donde todo zozobra, paladean en la oscura inmensidad
el cálido amor que esconde la muerte en la entraña del agua.
Marguerite Yourcenar (Bruselas, 1903 — Bar Harbor, EEEUU, 1987), versión de Humberto Saldaña Pico para Material de Lectura de la UNAM.
Sirènes
Avec des rires sourds et de grondants sanglots,
Les filles de la mer se battent ou s’étreignent,
Et leurs cheveux luisants que dans l’ombre elles peignent
Traînent, fourrure sombre, au pied des noirs îlots.
L’anguille voyageuse et les vifs cachalots,
L’ourson couleur de neige à leur côté se baignent;
Et les feux de leurs yeux s’allument et s’éteignent,
Fanal de naufrageur qui tremble sous les flots
Leurs corps d’ambre et de lait ont la forme des vagues;
Les regrets, les terreurs, l’espoir, les désirs vagues,
Se condensent la nuit dans le brouillard amer.
Et, bercés mollement sur la gorge où tout sombre,
Les morts, coulés à pic, vont savourer dans l’ombre
Tout l’amour contenu dans la mort et la mer.
Avec des rires sourds et de grondants sanglots,
Les filles de la mer se battent ou s’étreignent,
Et leurs cheveux luisants que dans l’ombre elles peignent
Traînent, fourrure sombre, au pied des noirs îlots.
L’anguille voyageuse et les vifs cachalots,
L’ourson couleur de neige à leur côté se baignent;
Et les feux de leurs yeux s’allument et s’éteignent,
Fanal de naufrageur qui tremble sous les flots
Leurs corps d’ambre et de lait ont la forme des vagues;
Les regrets, les terreurs, l’espoir, les désirs vagues,
Se condensent la nuit dans le brouillard amer.
Et, bercés mollement sur la gorge où tout sombre,
Les morts, coulés à pic, vont savourer dans l’ombre
Tout l’amour contenu dans la mort et la mer.
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